
Michael Llodro, pilier du double français
© AFP - Thomas Kienzle
L'équipe de France de coupe Davis a viré en tête en remportant le point du double face au Canada, dans son match du 1er tour, prenant une sérieuse option sur la qualification puisqu'elle mène désormais 2 points à 1. A Vancouver, Michaël Llodra et Julien Benneteau, étonnant de complémentarité, ont dominé Daniel Nestor et Milos Raonic en trois sets (7-6,7-6, 6-3). On attend aujourd"hui le point décisif pour Jo Wilfried Tsonga face à Raonic.
Le capitaine canadien avait pourtant changé ses batteries au dernier moment en choisissant précisément,, aux côtés de l'incontournable Nestor, spécialiste du double, d'aligner à la place de Pospisil, le jeune prodige Raonic sur la lancée de sa belle performance en simple.Mais cela n'a pas marché. Le géant canadien a été perturbé par la qualité de retour des joueurs tricolores qui ont présenté un visage séduisant, avec beaucoup de concentration et d'envie.
Les deux équipes n'ont pas cédé leur mise en jeu durant les deux premières manches mais dans les tie-breaks, les Français ont imposé leur plus grande complicité, s'imposant respectivement sept points à un et sept points à deux. Dans le troisième set, un break au troisième jeu réalisé sur le service de Daniel Nestor permettait à Michaël Llodra et Julien Benneteau de finir le travail assez tranquillement.
Guy Forget, l'entraîneur français, a salué la prestation de ses joueurs. "A 2-1, on est plutôt bien placés. La qualité de jeu de Mika et Julien m'a emballé. Dans les moments importants, ils ont su élever leur niveau de jeu face à des adversaires dangereux. L'attitude a peut-être été meilleure. De l'extérieur, j'avais l'impression qu'ils ont joué avec beaucoup plus de coeur. Ils étaient plus complémentaires et complices". Les Français ont en effet montré qu'avec un peu plus d'agressivité ils pouvaient mettre la pression sur Raonic. C'est ce que va devoir appliquer Jo-Wilfried Tsonga dans le 3e simple dimanche.
A Tsonga de jouer
Offrir le point décisif à son équipe: voici la mission dévolue à Tsonga. Il y a cinq mois il endossait déjà le costume de Zorro à Cordoue pour tenter de garder la France sous respiration artificielle, avant de se faire balayer par Nadal. Cette fois-ci le N.1 tricolore se retrouve dans une position plus enviable et moins insurmontable: offrir le point de la qualification face au Canadien Milos Raonic. Ce serait la deuxième fois de sa carrière qu'il vivrait un tel moment, après le barrage bien négocié aux Pays-Bas, en 2009.
Sur le papier, Jo-Wilfried Tsonga, 6e mondial, a de la marge. Son classement et son expérience de l'épreuve sont supérieurs, mais le jeune Canadien, 29e mondial, a impressionné vendredi en corrigeant Julien Benneteau. Il faut donc s'attendre à un combat musclé qui n'est pas pour déplaire à Jo-Wilfried Tsonga. "On ne joue pas de manière attentiste, donc ça va cogner fort. Ces matches à enjeu, c'est ce qui me fait vibrer dans le tennis. Ça reste le top. Je vais essayer de prendre du plaisir dans la bagarre. Sur un tournoi, on est beaucoup moins exigeant avec soi-même que lorsqu'on évolue en équipe. Moi, c'est ce qui me galvanise. C'est important de mener 2-1. Ça va me permettre de me libérer, c'est-à-dire de jouer avec le couteau autre part que sous la gorge..."
Effectivement, entre deux joueurs qui évoluent dans le même registre, la partie risque d'être acharnée et la dimension physique sera donc primordiale. A moins que le Manceau, plus mobile et plus expérimentés, parvienne à dicter le jeu. La seule problématique pour les tricolores, c'est que Raonic soit dans la même veine au service qu'il ne le fût contre Benneteau (24 aces et seulement 20 points lâchés sur sa mise en jeu). Auquel cas, on pourrait assister à un match marathon. Qu'importe, l'important pour la France c'est d'en finir dès ce simple de dimanche. En cas de défaite de son leader, Guy Forget a indiqué qu'il avait un "joker" sous la main, en la personne de Gaël Monfils, qui serait envoyé en sauveur pour un éventuel cinquième match décisif....



