
Le gardien Costil fut très précieux pour le Stade Rennais
© GABALDA / AFP
Rennes s'est qualifié pour les quarts de finale de la Coupe de France en éliminant Evian-Thonon-Gaillard (3-2) mardi en 8e de finale. Après une première période assez médiocre, où les deux équipes ont beaucoup hésité à se livrer, les Rennais ont pris le large 3-0 avant de se mettre en danger, sans parvenir à maîtriser totalement leur sujet dans une rencontre compliquée.
Longtemps menacé, ce match s'est finalement déroulé sans problème météo particulier, malgré le froid, et même si la pelouse s'est peu à peu dégradée au fur et à mesure. Les deux équipes affichaient leur envie de réussir quelque chose, pour aller plus loin dans la compétition, pourtant la première période restait peu passionnante, entre deux formations qui se regardaient. Les Savoyards tentaient de profiter de l'apathie rennaise pour tenter de prendre l'avantage. Mais en dépit de belles tentatives, ils ne parvenaient pas à terminer le dernier geste, à l'image d'une frappe trop molle de Kallenberg, et un tir de Barbosa qui ne trouvait pas le cadre, en conclusion d'une belle action.
Les Rennais se réveillaient petit à petit et se décidaient enfin à porter le danger sur les buts d'Evian, se créant quelques occasions, mais sans toutefois mettre suffisamment de percussion pour faire la différence, sans mettre beaucoup de jeu, face à des Savoyards trop peu déterminés, dans un festival de ballons perdus.
Solides mais trop approximatifs dans leurs passes, les Bretons devaient s'en remettre à un coup de pied arrêté pour réchauffer les quelque 6000 spectateurs du stade de la Route de Lorient. Le coup franc de Kembo, à gauche de la surface de réparation, était légèrement dévié dans son but par Govou (20e). Rennes atteignait la pause avec un petit but d'avance mais de part et d'autre, on n'avait sans doute pas brûlé toutes ses cartouches.
Ce fut en tout cas ce qu'il sembla au public, au vu du spectacle, beaucoup plus animé et beaucoup plus offensif. Les Rennais prenaient alors le match à leur compte alors qu'Evian semblait prendre l'eau. Féret d'une frappe enroulée du droit à l'entrée de la surface sur une passe de Pitroipa (54e) puis Brahimi (68e) semblaient plier l'affaire. A 3-0, on ne voyait pas les hommes de Corréa capables de revenir. Mais les Rennais, toujours aussi peu assurés dans la maîtrise, et manquant de maturité dans ce genre de situation, reculaient beaucoup trop face à des Hauts-Savoyards jusqu'ici trop timorés pour réellement inquiéter Costil. Le portier était toutefois battu deux fois en quatre minutes, sur un penalty de Bérigaud (70e) puis par un tir de Govou après un déboulé côté gauche de Barbosa (74e).
Le Stade Rennais, qui manquait à plusieurs reprises l'occasion de faire le break, était à deux doigts de concéder la prolongation sur une frappe de Barbosa, ancien Rennais, sur la transversale (89e). Mais il finissait malgré tout par accrocher, après Nancy et Nice, un troisième club de l'élite dans cette Coupe de France, qui constitue un objectif fixé par le président Patrick Le Lay, lequel souhaite garnir une armoire qui n'a plus accueilli de trophée depuis 1971 - déjà une Coupe de France - est sans doute l'un des moyens les plus sûrs pour le Stade Rennais d'atteindre en fin de saison la Ligue Europa.
Déclarations
Frédéric Antonetti (entraîneur de Rennes): "On est en quarts, c'est l'essentiel. On a fait un match très moyen, bien sûr, mais ça a suffi. On n'est pas entré dans le match, on n'a pas joué ensemble. La deuxième période a été meilleure, on a été plus actifs et récompensés par deux beaux buts. Puis on prend un but et, comme on n'est pas très bien mentalement, on commence à se poser des questions. On n'était pas en bloc donc on s'est mis en difficulté. Il faut tirer tous les enseignements de ce match. Je n'ai pas d'explication particulière, je ne sais pas pourquoi on est fébrile comme ça..."
Pablo Correa (entraîneur d'Evian TG) : "On a failli revenir, mais on a failli prendre une volée... Le match était plié à 3-0, mais un soupçon d'orgueil nous a fait revenir. Je ne suis pas en colère mais je me demande comment on va gagner un match s'il faut marquer quatre buts à chaque fois. On avait des rêves comme toutes les équipes en Coupe de France, mais le tirage était déjà difficile, alors quand on a un handicap de trois buts, c'est difficilement surmontable... Il nous a manqué beaucoup de sérénité, chacun voulait résoudre le problème à sa manière. Je n'ai pas du tout aimé notre match défensivement. Rennes nous a mis une grande pression sur nos 30 mètres, mais on lui a trop laissé de facilité pour marquer, alors qu'elle n'en avait pas besoin. Même si on ne jouera pas contre des équipes de ce niveau tous les week-ends, on risque de souvent perdre si on joue comme ça."



